Anna Santamans : "Le renouveau du sprint féminin"

A seulement 19 ans, Anna Santamans a créé la surprise en décrochant sa qualification olympique sur 50 m nage libre. La natation française tient peut-être dans cette Niçoise, étudiante en licence de LEA, une nouvelle Malia Metella.

Anna, comment avez-vous accueilli votre sélection olympique ?

C’est génial, d’autant que je ne m’y attendais pas vraiment. Je savais que le titre était jouable et que je pourrais peut-être me qualifier pour les championnats d’Europe à Debrecen (Hongrie), mais les Jeux Olympiques... Non, je n’y pensais pas du tout ! Et aujourd’hui encore j’ai du mal à réaliser. Et dire que l’année dernière je n’étais même pas en équipe de France A.

Si vous n’y pensiez pas, de quelle manière expliquez-vous votre performance ?

Les résultats des nageurs niçois durant la semaine des championnats de France à Dunkerque (18-25 mars) m’ont largement décomplexée. Camille (Muffat) et Yannick (Agnel) ont signé des performances incroyables et ils m’ont tous les deux encouragée. Ils voulaient que je vienne à Londres avec eux. Alors voilà, c’est fait (rire) !

Que représente cette qualification ?

C’est un aboutissement, la finalité d’une année de travail. Le public ne s’en rend certainement pas compte, mais la natation demande un investissement quotidien. Ce sont des heures et des heures que nous passons dans l’eau à nous entraîner.

Les Jeux Olympiques ça représentent quoi pour vous ?

Pour moi les Jeux c’est d’abord Laure Manaudou. En 2004, j’avais suivi ses exploits à la télévision pendant mes vacances (aux JO d’Athènes Laure avait décroché l’or du 400 m nage libre, l’argent du 800 m et le bronze sur 100 m dos, Ndlr).

Et maintenant, vous allez nager à ses côtés...

(Elle coupe) Oui, mais c’est totalement différent. J’étais jeune en 2004, maintenant je ne suis plus en admiration comme je l’étais. Et puis nous ne nageons pas les mêmes courses. Elle fait du dos, moi du sprint.

Et que répondez-vous à ceux qui vous présentent comme la nouvelle Malia Metella de la natation tricolore ?

Je leur dis de ne pas aller trop vite (sourire)... Je suis jeune, il me reste encore beaucoup à apprendre. Ma seule certitude c’est que le renouveau du sprint féminin est en marche. Les filles vont bientôt imiter les garçons (rire).

Recueilli par Adrien Cadot