Bilan de la première journée : Muffat et Agnel en chef de file

On la craignait et elle est tombée. Mais ce ne fut pas le déluge annonçé. Loin de là. Alors oui, la première journée de l’Open EDF 2012 a été interrompue par la pluie, mais l’intempérie passagère n’a aucunement empêché les nageurs de l’équipe de France de performer. Bien au contraire.

Qu’on se le dise, les nageurs niçois sont affamés. Parce qu’en dépit d’une préparation herculéenne, « je n’ai jamais autant nagé pour préparer une compétition » confiait Camille Muffat en ouverture de l’Open EDF, et de nombreuses sorties en meeting en France et à l’étranger, les élèves de Fabrice Pellerin ont fait montre d’une abnégation impressionnante. Camille Muffat a ouvert les hostilités en s’adjugeant sans coup férir les 800 et 200 m nage libre (1’56’’21, sixième performance mondiale de l’année).

Une victoire convaincante qui ne manquera pas de rappeler à ses rivales, et notamment à l’Américaine Allison Schmitt auteur du meilleur chrono de la saison la semaine dernière aux Trials d’Omaha (1’54’’40), qu’il faudra bel et bien compter avec elle dans les eaux londoniennes. « Un tel chrono après un 800 m nage libre c’est vraiment très intéressant », admet sans détour la Sudiste de 22 ans. « Je ne vais pas me focaliser sur les temps de l’Open EDF, mais je suis vraiment satisfaite de mes parties techniques. »

Son partenaire d’entraînement, le précoce Yannick Agnel, a également livré une copie de premier ordre en emportant le 400 m nage libre puis le 100 m nage libre au nez et à la barbe des cadors de la spécialité. « Sur 400 m je suis parti vite parce que je cherchais une référence pour le 200 m que je nagerais à Londres », explique le longiligne sprinteur de 19 ans. « En revanche, je suis très satisfait de mon 100 m nage libre. 49’’ dans mon état de fatigue, c’est de bon augure pour les Jeux et pour les relais. »

Une finale marquée par l’ultime sortie du champion olympique Alain Bernard sur sa distance de prédilection. « Cela fait un peu plus de douze ans que je nage le 100 m et aujourd’hui, allez savoir pourquoi, j’ai décidé de changer ma manière de nager », analyse, déçu, l’Antibois, cinquième à l’arrivée. « Ce n’est décidément pas dans mon tempérament de partir lentement. J’ai besoin de démarrer à fond et de revenir comme je peux. » Même son de cloche dans la bouche de Camille Lacourt à l’issue d’un 100 m dos victorieux mais poussif. « Il ne s’est rien passé... J’ai essayé de démarrer, mais ça n’a pas répondu. Ce n’est pas inquiétant, mais j’aurais vraiment aimé nager plus vite pour prendre des repères dans l’optique des JO. C’est un 100 m dos qui aurait pu me servir et dont je ne vais rien tirer. C’est dommage. »

Adrien Cadot