Combien de médailles les Bleus récolteront-ils à Londres ?

C’est un exercice de style auquel tous les passionnés de joutes aquatiques ont d’ores et déjà dû s’essayer. Celui, ô combien imprévisible mais excitant, des pronostics. Eh oui, les Jeux Olympiques de Londres approchent à grands pas. Les champions de tous les continents ajustent leurs réglages et peaufinent leur préparation. C’est le branle-bas de combat. Un seul mot d’ordre désormais : faites vos jeux et que le meilleur gagne !

Au royaume des « hommes-poissons », une question demeure néanmoins : où en sont les nageurs tricolores ? S’illustreront-ils comme l’an passé aux championnats du monde de Shanghai, où ils avaient décroché onze médailles dont deux titres ex-aequo sur 100 m dos (une première historique), ou égaliseront-ils le bilan des Jeux de Pékin en 2008 conclu par six médailles dont l’or d’Alain Bernard sur 100 m nage libre ?

Pour Christian Donzé, le directeur technique national « avec six médailles dont deux titres, nous signerions un bilan historique. Mais au-delà des chiffres et des pronostics, ce qui est moteur c’est d’aller batailler à Londres pour remporter des titres olympiques. » Reste qu’à moins de deux mois de l’échéance londonnienne, plusieurs Français postulent à des distinctions olympiques.  

A commencer par Camille Muffat qui ne cesse d’impressionner sur 200 et 400 m nage libre. Après avoir effacé les records de France de Laure Manaudou lors des derniers championnats de France de Dunkerque (18-25 mars), la Niçoise s’est offert une nouvelle marque nationale, début juin, lors du meeting du Mare Nostrum à Canet-en-Roussillon.

De bon augure pour l’été, d’autant que sa principale concurrente, l’Italienne Federica Pellegrini, ne cesse d’envoyer des signaux contradictoires à ses concurrentes. Yannick Agnel dispose également de sérieux arguments sur 200 m nage libre, sa course fétiche, et dans une moindre mesure sur l’épreuve reine qu’il s’est adjugé à Dunkerque, en mars dernier. Sur cette-dernière, il lui faudra cependant s’employer pour devancer les Australiens, et notamment le bolide James Magnussen auteur de chrono époustouflant l’été dernier en Chine.

Sur 100 m dos, Camille Lacourt est sans conteste l’un des grandissimes favoris depuis la retraite de l’Américain Aaron Peirsol et des contre-performances récurrentes de l’Amiénois Jérémy Stravius. L’étiquette n’est pas facile à assumer, mais depuis son triplé hongrois des Euro de Budapest en 2010, le Marseillais a toujours su répondre présent lors des grands rendez-vous, en particulier aux Mondiaux de Shanghai où il s’était pourtant aligné en méforme.

On surveillera également les prestations de la revenante Laure Manaudou. Qualifiée sur 100 et 200 m dos, la championne olympique peut rêver à une place en finale. Il lui faudra, en revanche, évoluer à son meilleur niveau pour espérer se hisser sur un podium huit ans après son éclosion aux JO d’Athènes.

Enfin, difficile d’occulter les chances de médaille des relais tricolores. Le 4x100 m nage libre masculin a semble-t-il vaincu le signe indien en décrochant l’or aux championnats d’Europe de Debrecen en mai dernier. Au complet, les Bleus sont capable de réaliser l’exploit et d’effacer la désillusion de 2008, quand Jason Lezak avait victorieusement chevauché la vague d’Alain Bernard pour s’en aller quérir un or improbable. Le 4x200 m nage libre masculin aura également une carte à jouer, comme il l’a prouvé l’an passé aux Mondiaux de Shanghai. Avec les renforts d’Amaury Leveaux et de Clément Lefert, les Français pourraient de nouveau inquiéter la puissante armada américaine.

Adrien Cadot