Florent Manaudou : « Il y a encore du boulot »

Après l’extraordinaire épopée de Laure, de retour à la compétition en 2011 après trois années d’interruption, c’est au tour de Florent de crever l’écran et de fendre l’onde avec brio. A seulement 21 ans, le benjamin de la fratrie Manaudou vivra ses premiers Jeux Olympiques à Londres sur 50 m nage libre avec un seul mot d’ordre : créer la surprise!

Florent, comment avez-vous accueilli votre qualification olympique ?

J’étaisvenu pour ça, mais ça reste un grand moment. Je connais mes qualités etdepuis que je suis au Cercle des Nageurs de Marseille (avril 2011, Ndlr) je me sens de mieux en mieux. J’arrive désormais à mieux contrôlermes courses. Il y a encore du boulot, mais je sens que je progresse.

La victoire d’Amaury Leveaux, que l’on disait moribond, en finale du 50 m des championnats de France de Dunkerque constitue-t-elle une surprise ?

Tout le monde connaît les qualités d’Amaury, c’est un excellent sprinteravec un départ explosif, des coulées incroyables et une vitesse impressionnante. Il aurait fallu être extrêmement arrogant pour ne pas en faire un favori.

La quatrième place de Frédérick Bousquet constitue, en revanche, une réelle surprise.
Une surprise, ça oui, mais surtout une grande déception. Fred domine le 50 m nage libre depuis plusieurs années et j’aurais vraiment aimé aller à Londres avec lui et Laure. A l’arrivée du 50 m à Dunkerque, je n’ai pas pu laisser éclater ma joie parce qu’il n’était pas qualifié. Il n’y avait pas de suffisance de ma part, je n’envisageais tout simplement pas qu’il ne soit pas de l’aventure olympique.

Néanmoins, vous disputerez vos premiers Jeux Olympiques avec votre grande sœur Laure. Est-ce un aboutissement ?

Un aboutissement ? Non, je ne crois pas, mais c’est un rêve qui nous tenait à cœur. Mais encore une fois, ce sera dur de ne pas penser à Fred quand on y sera...

On dit que vous êtes une force de la nature...

(Sourire)... Mes qualités physiques me permettent de m’exprimer en sprint, mais si les nageurs de demi-fond sont moins grands et costauds que les sprinters, ils sont tout aussi impressionnants.

Florent, le 14 juin dernier à Rome, on vous a vu titiller le Brésilien César Cielo, champion olympique de la spécialité, sur 50 m. Une manière de marquer votre territoire ?

C’est motivant d’être un centième derrière lui, mais j’aurais bien aimé le battre. Je sais que nous avons les mêmes points forts, le premier 25 mètres où il va très vite sous l’eau. Sauf que Cielo a beaucoup plus de puissance que moi sur le second 25 mètres. C’est là où il est plus fort que moi, donc il va falloir bosser.

Recueilli par Adrien Cadot à Dunkerque