Hugues Duboscq : « Aucun regret »

A 31 ans, le Havrais Hugues Duboscq, triple médaillé olympiques de bronze sur 100 et 200 m brasse, vivra à Londres ses quatrièmes Jeux. Une longévité hors normes qui s’interrompra à l’issue du rendez-vous londonien. Entretien avec un gentleman des bassins souriant et motivé comme un cadet à l’aube de son ultime challenge.

Hugues, de quelle manière abordez-vous l’Open EDF de natation ? Pour moi, contrairement à mes partenaires de l’équipe de France, cette compétition a un goût un peu spécial. Je dispute à Paris la dernière compétition individuelle de ma carrière. Il ne s’agit donc pas seulement d’une épreuve de travail comme on l’entend parfois, mais bien d’un rendez-vous déterminant.

Quelles sont vos ambitions durant ces deux jours de confrontation ?

L’Open EDF doit me permettre de marquer des points pour espérer participer au relais 4x100 m 4 nages qui s’alignera aux Jeux Olympiques dans trois semaines. Je vais m’attacher à nager du mieux possible en essayant de retrouver des sensations qui me fuient depuis plusieurs mois.
 

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas actuellement dans votre nage ?

Je n’ai jamais été très porté sur les considérations techniques de ma discipline. Lors des analyses vidéo par exemple, je suis le plus souvent incapable de discerner les points de détails. Il faut que mon entraîneur me mette le nez dessus pour que j’en prenne véritablement conscience. Pour ce qui est de ma nage, j’ai surtout du mal à retrouver des appuis. Depuis plusieurs mois, mes mouvements se détériorent.

Comment l’expliquez-vous ?

C’est justement très difficile à expliquer. Dès fois, tout est en place et à d’autres moments je sens que je rame. Cela m’était déjà arrivé entre 2006 et 2008. Je nageais à « l’envers » alors que je me sentais bien. D’autres brasseurs, comme le Japonais Kosuke Kitajima sont systématiquement en place. Ils modélisent leur nage et répètent les mêmes schémas.

De quelle manière allez-vous aborder votre statut de remplaçant au sein du relais olympique du 4x100 m 4 nages ?

Comme je l’ai toujours fait. Je connais mon statut et je sais parfaitement ce que l’on attend de moi. Cela fait plus de dix ans que je suis en équipe de France alors des remplaçants j’en ai croisé beaucoup. Je vais me tenir disponible pour le relais au cas où (sourire)... Pas question de débarquer à Londres en touriste. J’ai d’ores et déjà prévu de rester sous pression la première semaine des Jeux avant de profiter pleinement de l’événement la deuxième semaine.

N’y-a-t-il pas un peu de nostalgie à l’heure d’aborder le dernier challenge de votre carrière ?
C’est un sentiment mitigé. Je suis à la fois impatient de tourner la page et de plonger dans une nouvelle vie tout en sachant qu’une période très sympa de ma vie va s’arrêter.

Quel regard portez-vous sur votre carrière ?

J’en suis pleinement satisfait. J’ai remporté de belles médailles et croisé des gens extraordinaires. On me demande parfois si je ne regrette pas de ne jamais avoir épinglé de médaille d’or. Mais non. J’aime ma vie. Elle est tranquille et calme. Je n’aurais pas supporté d’être reconnu dans la rue. La médiatisation ce n’est pas mon truc. Je n’ai définitivement aucun regret.

Recueilli par Adrien Cadot