Le retour des anciens

A chaque olympiade, c’est le même refrain : d’anciennes gloires des bassins tentent un retour sur le devant de la scène, comme si l’émulation de la compétition leur manquait.

Couronnés de succès, comme celui de l’Américaine Dara Torres en 2008 à Pékin où elle trusta trois médailles d’argent (deux en relais et une en individuelle sur 50 m nage libre), ou ratés, comme celui de son compatriote Mark Spitz (sept médailles d’or aux JO de Munich en 1976, Ndlr) qui essaya en vain de se qualifier pour les Jeux de Barcelone de 1992, les « comeback » sont désormais monnaie courante.

Reste qu’en 2012 les tentatives de retour se sont multipliées à tout-va. En Australie d’abord, où Leisel Jones, Michael Klim puis Ian Thorpe ont décidé de reprendre l’entraînement pour tenter de se qualifier aux JO de Londres (27 juillet-12 août 2012). Si les deux premiers ont échoué, la brasseuse de l’hémisphère sud a relevé son pari en décrochant son billet sur 100 m brasse. Elle vivra à Londres ses quatrièmes Jeux.

Il en va de même aux Etats-Unis où l’illustre Janet Evans a réussi à décrocher son ticket pour les Trials américaines qui se disputeront début juillet. Rien n’est encore acquis, mais à bientôt 40 ans, et après seize années d’interruption, l’ancienne détentrice des records du monde des 400 et 800 m nage libre pourrait bien vivre ses quatrièmes JO après ceux de Séoul en 1988, Barcelone en 1992 et Atlanta en 1996.

A l’instar des deux nations dominantes de la natation mondiale, la France n’a pas échappé à ce phénomène de « revival ». Après trois années de pause et une grossesse (elle a accouché de Manon en avril 2010, Ndlr), Laure Manaudou s’est alignée aux championnats de France de Dunkerque (18-25 mars 2012) avec l’ambition de décrocher un sésame olympique. Force est de constater que la Marseillaise a réussi le plus beau retour de l’année en se qualifiant avec brio sur 100 et 200 m dos, au point même d’intégrer les bilans mondiaux et de rêver à de nouvelles conquêtes historiques.

Adrien Cadot