Yannick Agnel : « De bon augure pour les Jeux »

Sous ses airs de premier de la classe, Yannick Agnel, 19 ans, n’en finit pas d’impressionner par sa maturité et sa capacité à bousculer la hiérarchie française et internationale. Sacré champion d’Europe du 400 m nage libre en 2010 à Budapest et double finaliste des 200 et 400 m nage libre aux Mondiaux de Shanghai l’année dernière, le Niçois a profité de l’Open EDF pour peaufiner les derniers détails de sa préparation olympique.

La première journée de l’Open EDF 2012 vous a consacré sur 100 et 400 m nage libre. Quels enseignements tirez-vous de ces deux victoires ?

Sur 400 m nage libre, j’ai essayé de partir vite pour me tester sur 200 m nage libre. Je cherchais une référence, des points de repère. Au final, je signe 1’48’’52 alors que je visais plutôt les 1’46’’00. Je reste donc un peu sur ma faim. En revanche, le 100 m nage libre me satisfait pleinement. Je me suis lâché et honnêtement je ne m’attendais pas à un tel chrono (49’’08). Compte-tenu de mon état de fatigue, c’est vraiment de bon augure pour les Jeux. Et puis je pense aussi aux relais et notamment à Jérémy (Stravius) qui revient bien après une saison difficile.

De quelle manière avez-vous accueilli le forfait de l’Américain Michael Phelps sur 200 m nage libre ?
Je suis forcément un peu déçu. Le compétiteur que je suis ne peut que regretter son forfait mais il faut être pragmatique. Phelps a certainement préféré se concentrer sur les duels qui l’attendent face à Ryan Lochte.

Est-ce que son retrait du 200 m nage libre vous ouvre de nouvelles perspectives ?
Pas vraiment. Aux Jeux Olympiques, tous les compteurs seront remis à zéro. D’ailleurs les Trials américaines n’ont pas été très significatifs. Pour l’instant, tout le monde se cache. Attendons que les Jeux commencent et on y verra plus clair.

A Londres, vous vivrez les premiers JO de votre jeune carrière. Appréhendez-vous cette échéance démesurée ?

Je vais débarquer à Londres avec l’expérience des Euro de Budapest et celle des championnats du monde de Shanghai. Je dispose aussi d’un peu plus de recul sur ma pratique sportive et ma discipline. Et puis Fabrice (Pellerin, son entraîneur) a insisté pour que l’on aborde les Jeux comme une compétition de natation comme les autres. Alors je ne m’en fait pas vraiment (sourire)...

A l’Open EDF, Alain Bernard a disputé le dernier 100 m individuel de sa carrière...
(Il coupe) Oui, c’est vrai. Alain reste notre maître à penser (silence)... Je me souviens que c’est lui qui m’a accueilli à bras ouvert quand je suis arrivé en équipe de France. Et puis sa carrière parle pour lui. On ne peut avoir que du respect pour ce qu’il a accompli.

Recueilli par Adrien Cadot